David, ou le néoclassique
David est le chef de file de l’Ecole Néoclassique en France. Ses engagements politiques ainsi que ces choix esthétiques en font un artiste à part aussi bien admiré que décrié.
Ses débuts
Jacques Louis David est né à Paris en 1748. Il eut une enfance troublée par la mort de son père lors d’un duel lorsqu’il avait 9 ans. C’est son oncle qui se chargera de son éducation. Il entre à l’Académie de Saint Luc pour apprendre le dessin, la perspective, l’anatomie, la copie de vieux maîtres. Le peintre François Boucher est le premier à l’encourager. Il entre ensuite dans l’atelier de Vien. Il n’obtiendra le Prix de Rome qu’à son quatrième essai en 1774 avec « Erasistrate découvre la cause de la maladie d’Antioche ».
Rome
Il part alors cinq ans pour Rome ou il étudie Corrège et les Carrache mais ses œuvres à cette époque sont très empreints de roccoco. Il rentre à Paris en 1780 en ouvre son propre atelier. Louis XVI lui commande alors « Le serment des Horaces ». Pour réaliser ce tableau, il retourne à Rome et s’imprègne véritablement de l’antique. Il y réalisa des croquis d’architecture, de bas reliefs, de statues. Le tableau reçut un triomphe au salon de 1785. David y mêle une simplicité dans la composition, un thème inspiré de l’Antique et une intensité du drame, un réalisme accentué par un éclairage vif. Avec cette toile David fait entrer le style Néoclassique dans la peinture Française.
La période Révolutionnaire
David prend une part active dans la Révolution de 1789 où il est très engagé politiquement. Fervent Républicain, il est élu en 1792 député de la Convention et en 1793 président du club des Jacobins. Son tableau le plus connu de l’époque est « La mort de Marat » de 1793, conservé à Bruxelles. En renonçant à toute fioriture, David s’attache à monter le tragique de cette scène de manière directe et pathétique. La carrière Révolutionnaire de David s’arrête brusquement en 1793 lorsqu’il est arrêté après l’éviction de Robespierre. Il ressortira peu après mais mettra en réserve ses idées politiques.
David et l’Empire
Il rencontre un peu plus tard Bonaparte qui deviendra bientôt l’empereur Napoléon. Il est tout de suite impressionné et passionné par le personnage. Sa fascination pour la politique de Bonaparte se retrouve dans le portrait équestre « Bonaparte franchissant le Mont Saint Bernard » de 1801. David y fait un parallèle évident entre le héros moderne et les grandes figures victorieuses de l’Antiquité. La composition est classique mais il ajoute une note toute dramatique. David réalisera ensuite beaucoup de portraits réalistes de bourgeois révolutionnaires. Sa peinture prend encore une nouvelle dimension et Napoléon lui commande « le couronnement de Napoléon 1806-1807 », conservé au Louvre. Peu à peu Napoléon lui préfèrera d’autres peintres pour immortaliser sa grandeur.
Son exil
Après la chute de Napoléon, David choisit l’exil car on lui reproche d’avoir signé la décision d’exécution de Louis XVI et il est à nouveau menacé d’emprisonnement. Il part à Bruxelles où il réalise des œuvres toujours empreintes d’idéalisme classique et de réalisme .Il y meurt en 1825.
Le Saviez-vous ?
En 1801 David peint « Bonaparte franchissant le mont St Bernard » représentant le général en grand conquérant sur un beau cheval. La vérité historique est tout autre puisque le mont fut franchit à dos de mulet !

