Arman, figure du Nouveau Réalisme
Arman est un grand acteur dans l’art du 20 ème siècle. Ses accumulations d’objets du quotidien marquent nos promenades dans les grandes cités du monde et il est une figure emblématique du Nouveau Réalisme.
Son enfance
Armand Fernandez est né à Nice en 1928. Son père antiquaire lui apprend la peinture et la photographie. Il se lie très vite d’amitié avec Yves Klein rencontré à un cours de judo. Arman fait ses études au Arts Décoratifs de Nice en 1946 puis à L’Ecole du Louvre à Paris de 1949 à 1951. Klein l’introduit auprès de critique Pierre Restany et ils formeront bientôt le groupe des Nouveaux Réalistes. Arman partagera sa vie entre Nice et New York Il reste fidèle aux principes des séries.
Les Cachets
Les premières peintures d’Arman sont abstraites. Il réalise des empreintes d’objets en les trempant dans de l’encre. Cette série date des années 1956-1959 Mais très vite Arman prend conscience de l’importance de l’objet en lui même. L’objet à un pouvoir bien plus significatif que son empreinte abstraite. Il devient le sujet unique, obsessionnel de sa recherche artistique.
Les Poubelles et Accumulations
A partir de 1959, Arman rassemble une grande quantité d’objets tous similaires et les fond dans du plexiglas. Naît alors la série des « poubelles » dans laquelle il accumule les déchets de la vie quotidienne et met ainsi en avant le caractère périssable des produits de notre société de consommation.
Le Nouveau Réalisme
En octobre 1960, est fondé le « Nouveau Réalisme » par une déclaration commune dont les signataires sont entre autres Klein, Pierre Restany, Cesar, de Saint Phalle, Tinguely… Ces artistes se retrouvent tous autour de l’idée d’appropriation directe de l’objet. Ils exposent ensemble de 1960 à 1963, mais le mouvement se poursuivra jusqu’au début des années 1970. Le « Nouveau Réalisme » s’oppose à l’abstraction qui domine au Etats-Unis et en Europe dans les années 50 et le Pop Art lui devra beaucoup.
Les colères
En 1961, Arman approche une autre réflexion artistiques et réalise souvent en public des actes de vandalisme où il détruit violemment des objets puis récupère les éléments brisés pour les assembler sur une toile.
Avec ces mises en scène impressionnantes, Arman développe les « happenings ». Il explique que l’action de casser est secondaire et que ce qui l’intéresse, c’est le résultat obtenu sur le panneau. Les objets détruits par colère apportent une harmonie particulière à l’œuvre finale et lui donnent un caractère soit baroque, soit cubiste selon la dominante des lignes courbes ou droites. L’un des sujets récurrent pour ses « colères » sera l’instrument de musique. Cela lui vient d’une mauvaise expérience dans son apprentissage de la musique : « Chopin’s Waterloo » de 1962.
Les combustions
En 1963, il passe aux combustions. Il ne casse plus les objets, il les brûlent et récupère les reliques pour créer son œuvre.
De 1970 à sa mort : L’après Nouveau Réalisme
En 1973, Arman s’installe à New York et acquiert la double nationalité. Entre 1980 et 1989, sa production s’élargit et il multiplie les techniques d’exécution. Il continue les accumulations et investit les espaces publics dans les grandes villes du monde : En 1982 pour la Fondation Cartier de Jouy-en -Josas, il crée une accumulation de plus de 20 m de haut de voitures prisonnières d’une chape de béton « Long term parking ».
Arman meurt à New York en 2005 après avoir réalisé plus de 500 expositions personnelles.
Le saviez-vous
Son goût de l'accumulation lui venait de sa grand-mère qui collectionnait soigneusement des centaines de bouchons classés dans des boîtes à chaussures.

