Les vins de la région Anjou-Saumur

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Les vignobles d’Anjou et de Saumur s’étendent dans le département du Maine-et-Loire débordant un peu sur le nord de la Vienne et des Deux-Sèvres.

Les vignes ont de tout temps été cultivées sur les coteaux de la Loire, du Layon, de l’Aubance, du Loir et du Thouet. Le phylloxéra anéantira le vignoble comme partout, les replantations s’effectueront au début du XXème siècle et se développeront un peu dans les années 1950-1960 pour régresser ensuite.

Les sols, bien sur, complètent largement le climat pour façonner la typicité des vins de la région. Ainsi faut-il faire la différence entre ceux qui sont produits sur « l’Anjou bleu » constitué de schistes et autres roches du massif armoricain et ceux produits sur « l’Anjou blanc » ou saumurois, terrains sédimentaires du Bassin parisien dans lesquels dominent la craie tuffeau.

La réputation de l’Anjou est due aux vins blancs et rosés moelleux dont les « coteaux du layon » sont les plus renommés. L’évolution conduit cependant désormais aux types demi-sec et sec et à la production de vins rouges.

Quelques appellations et crus des vins de la région Anjou-Saumur :

Anjou : Pour beaucoup le vin d’anjou est avec raison synonyme de vin blanc doux ou moelleux. Le cépage est le chenin ou pineau de Loire, mais l’évolution de la consommation vers des vins secs a conduit les producteurs à y associer chardonnay ou sauvignon. La production de vins rouges est entrain de modifier l’image de la région, ce sont les cépages cabernet-franc et cabernet-sauvignon qui sont alors mit à contribution. De très gros efforts de qualité ont été couronnés par la venue d’une appellation « anjou-villages. C’est dans l’Aubance et les régions bordant le Layon et la Loire que l’on trouvera les meilleurs vins : belle robe rubis, arômes de fruits rouges, tannins permettant le vieillissement sont leurs spécificités majeures. En vieillissement, ils évoluent vers des arômes plus sauvages leurs conférant une aptitude à être servis, selon leur âge avec des viandes rouges ou du gibier.

Anjou-gamay : L’AOC s’étend sur 128 communes du Maine-et- Loire, des Deux-Sèvres et de la Vienne. Vin produit à partir du cépage gamay noir. Sur les terrains les plus schisteux de la zone, très bien vinifié, il peut constituer un excellent vin de carafe. Vous pourrez apprécier sa robe de couleur intense faite de reflets violacés avec des paupiettes de veau, des charcuteries ou un pot-au-feu.

Rosé d’anjou : C’est l’appellation d’anjou la plus importante par le volume. Le grolleau principal cépage autrefois conduit en gobelet, produisait des vins rosés légers appelés « rougets ». Il est de plus en plus vinifié en vin rouge léger, de table ou de pays. Après un fort succès à l’exportation, ce vin demi-sec se commercialise difficilement aujourd’hui.

Cabernet d’anjou : On trouve dans cette appellation d’excellents vins rosés demi-sec, issus de cépages cabernet-franc et cabernet-sauvignon. A table on les associe facilement lorsqu’ils sont parfumés et servis frais au melon en hors d’œuvre ou à certains desserts pas trop sucrés. En vieillissant, ils prennent une nuance tuilée et peuvent être bus à l’apéritif. C’est sur les faluns (dépôts de débris de coquilles et de sable siliceux d’origine marine) de la région de Tigné et dans le Layon que ces vins sont les plus réputés.

Coteaux de l’aubance : La petite rivière Aubance est bordée de coteaux de schistes portant de vieilles vignes de chenin dont on tire un vin blanc moelleux qui s’améliore en vieillissant. Les vendanges se font manuellement par tries successives de raisins arrivés à surmaturité, il peut se garder jusqu’à 10 ans voire plus selon le millésime. Cette appellation se marie à merveille avec le foie gras, les desserts et les poissons en sauce.

Anjou-coteaux de la Loire : L’appellation concerne uniquement les vins blancs issus du pinot de la Loire. Lorsqu’ils sont triés et qu’ils atteignent la surmaturité, ces vins se distinguent des coteaux du Layon par une couleur plus verte. Ils sont généralement demi-sec. Dans cette région aussi la reconversion du vignoble se fait peu à peu vers la production de vins rouges.

Savennières : Le vignoble de Savennières, implanté depuis le début de l’ère chrétienne a produit des vins blancs d’une extrême finesse et d’une longévité remarquable. Ces vins de type sec sont produits à partir du chenin, essentiellement sur la commune de Savennières. Ils acquièrent leur caractère particulier grâce aux schistes et aux grès pourpres qui composent le sol. Pleins de sève, un peu nerveux, ces vins sont tout indiqués pour accompagner des poissons cuisinés.

Savennières coulée-de-serrant : Il est difficile de séparer ces deux crus tant ils sont proches en caractère et en qualité. La coulée-de-serrant plus restreinte en surface (7hectares) est située de part et d’autre de la vallée du petit serrant. Propriété en monopole de la famille Joly, cette appellation a atteint tant par sa qualité que par son prix la notoriété des grands crus de France. C’est après 5 à 10 années que ses qualités s’épanouissent pleinement. Quant à la roche-aux-moines, elle appartient à plusieurs propriétaires, cette appellation couvre une surface de 19 hectares, plantés uniquement en cépage chenin. Beaucoup d’or jaune dans sa robe brillante et limpide, à servir sur des langoustines ou des poissons grillés.

Coteaux du layon : Ces vins demi-secs, moelleux ou liquoreux sont produits sur les coteaux de 25 communes qui bordent le Layon ; de Nueil à Châlonnes. Le chenin y est le seul cépage. Vins subtils, plus jaunes et plus puissants en aval, ils présentent des arômes de miel et d’acacia acquis lors de la surmaturation. Leur capacité de vieillissement est étonnante.

Bonnezeaux : En 1925, le docteur Maisonneuve disait que le bonnezeaux était l’inimitable vin de dessert. A cette époque les grands vins liquoreux étaient essentiellement consommés à ce moment du repas ou dans l’après-midi entre amis. De nos jours on apprécie plutôt ce grand cru à l’apéritif. Très parfumé, plein de sève, le bonnezeaux doit toutes ses qualités au terroir exceptionnel qu’il occupe orienté plein sud, sur trois petits coteaux de schistes abrupts au-dessus du village de Thouarcé.

Quart de chaume : A l’époque médiévale, les seigneurs avaient institué un impôt qui leur réservait le quart de la production, ils gardaient le meilleur, celui produit sur le meilleur terroir, c’est de cette époque que vint le nom de quart de chaume. La conjugaison de l’âge, de l’exposition et des aptitudes du chenin (cépage utilisé) conduit à des productions faibles mais de très grandes qualités. La récolte se fait par tries, les vins sont de type moelleux, très aptes au vieillissement, le quart de chaume peut attendre 20 ans en bouteilles voire plus pour les meilleurs millésimes.

Saumur : L’aire de production s’étend sur 36 communes, on y produit des vins blancs secs et nerveux et des rouges avec les mêmes cépages que dans les AOC anjou. Les vignobles s’étalent sur les coteaux de la Loire et du Thouet. Ces vins ont une bonne aptitude au vieillissement. L’appellation est beaucoup plus connue par les vins mousseux dont l’évolution qualitative mérite d’être soulignée. Les élaborateurs tous installés à Saumur possèdent des caves creusées dans le tuffeau qu’il faut impérativement visiter.

Cabernet de Saumur : S’étendant sur près de 100 hectares, le vignoble de l’aire de cabernet de Saumur est essentiellement composé de cépages noirs (cabernet franc et cabernet-sauvignon), cultivés sur des sols composés de tuffeau. Avec une production de 5000 hectolitres par an élaborée en rosé sec et fruité, c’est un vin de « soif » pour l’été, à boire jeune. Dégustez-le avec des grillades ou des charcuteries.

Coteaux de Saumur : Les coteaux de Saumur sont élaborés à partir de chenin, cépage planté sur de la craie tuffeau. Produisant des vins blancs moelleux, cette appellation est déclarée AOC depuis 1962. Récolté manuellement par tries successives, ce vin vous séduira par sa robe de couleur jaune pâle, sa fraîcheur et la finesse de ses arômes de types exotiques, un vin de très longue garde (une dizaine d’années).

Saumur Champigny : Les vins rouges de Champigny sont connus depuis des siècles mais l’expansion de ce vignoble est assez récente. Dans les rues étroites du Saumurois de nombreuses caves en tuffeau abritent de nombreuses vieilles bouteilles. Produit sur 9 communes à partir de cabernet-franc (obligatoire, son nom doit être mentionné sur l’étiquette), de cabernet-sauvignon et de pineau d’Aunis, ces deux derniers servent uniquement aux assemblages. Ces vins sont légers, fruités et gouleyants. L’AOC Saumur Champigny est devenu la référence française dans le développement d’une viticulture durable. A déguster avec un barbecue de viandes par exemple.

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Auteur : Mado - Le 01 octobre 2009

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